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La naissance du Carembault

Le Carembault est apparu vers les VIIe, VIIIe siècles. Avec quelques variantes orthographiques, ce nom apparaît à la faveur de quelques actes qui mentionnent l'appartenance de quelques communes à ce territoire. Les contours exacts du Carembault sont imprécis.

          
Armes de Carvin         Armes d'Antoing         Armes d'Epinoy


LA SEIGNEURIE D'EPINOY


A contrario, il est possible de discriminer ce petits pays d'autres pays voisins comme l'Ostrevent et l'Escrebieux qui ont en commun d'apparaître eux aussi au moment du démembrement du royaume franc de Neustrie.

Avec la féodalité, la mise en place d'une seigneurie d'Epinoy étendue et érigée ensuite en Principauté et Châtellenie de Carvin-Epinoy, va venir brouiller les cartes.

En dehors de ces quelques données d'histoire ancienne, les références au Carembault dans les textes historiques sont somme toutes assez peu nombreuses.


CAREMBAULT, UN MOT D'ORIGINE GERMANIQUE


Pour tous les linguistes, le nom de Carembault est d'origine germanique. La fréquence des toponymes locaux issus de la langue germanique permet de placer le Carembault aux confins nord d'un territoire plus vaste au sein duquel la langue germanique a pénétré le monde gallo romain.

Toutefois, dans ce Carembault originel, les toponymes d'origine romaine et gauloise sont aussi très nombreux (les spécialistes voient d'ailleurs dans le Car (caer ou Ker) de Car-vin, une racine gauloise, ce qui, au passage, montre l'ancienneté du peuplement de la région).

De nos jours, historiquement parlant, le Carembault fait figure de réalité aussi lointaine qu'imprécise. C'est une terre marquée depuis la nuit des temps par le brassage des influences de populations d'origines diverses.


UNE « CELLULE » TERRESTRE


Henri Couvreur a vu dans le Carembault une « cellule » terrestre qui est comme un pont jeté entre Lille la Flamande et Arras la patrie des Atrébates. Ce petit détour par la géographie des lieux permet de mieux comprendre ce qui détermine l'unité et l'originalité de ce territoire.

Pour qui arriverait du Pévèle-Mélantois et aurait à franchir la dépression humide empruntée par le cours de la Deûle attirée dans les zones marécageuses d'Annay-sous-Lens et de Don, ce bombement crayeux fut de tout temps une voie de passage.

Au plan géographique, le Carembault est un territoire bien délimité par la boucle que dessine ici le cours de la Deûle qui contourne le saillant de Carvin.


UNE TÊTE DE PONT STRATÉGIQUE


La route des invasions venues de l'Europe de l'Ouest passe par ici. Voie de passage, le Carembault suscita de tout temps les convoitises des belligérants. Le Carembault fit retour au royaume de France en 1659 sous le règne de Louis XIV.

Cette possession des princes d'Epinoy est alors considérée comme partie intégrante de l'Artois dont elle constitue un poste avancé aux confins de la Flandre wallonne. Tout récemment encore, le Carembault se retrouva au cœur des affrontements des deux guerres mondiales pour les armées qui, à deux reprises, s'y retranchèrent.

En cas de conflits, et de tout temps, les belligérants tirent partie de l'intérêt stratégique de la position du Carembault. La culture de guerre y est fortement ancrée.


LE CAREMBAULT ET CARVIN


Le Carembault est une terre à clochers autour desquels se sont développés de multiples petites villes et villages. Leurs églises et paroisses sont les témoins d'une évangélisation qui fit la part belle à Saint Martin de Carvin à qui est voué l'église dont la tour carrée fait figure de vigie de la plaine. Ruraux au nord, industriels et miniers au sud, nordistes à l'est et dépendant du département du Pas-de-calais à l'ouest, toutes les petites villes et villages du Carembault sont organisés en réseau dense.

De tout temps, placé au milieu de la plaine, Carvin s'est trouvé au centre géographique de ce réseau. Tour à tour, siège administratif de la Châtellenie et Principauté de Carvin-Epinoy, puis Chef lieu de Canton de l'arrondissement de Béthune et aussi siège d'une Cie minière, Carvin s'est affirmé au cours des temps comme une des villes de commandement intermédiaire d'importance entre les deux grandes capitales régionales d''Artois et de Flandre que sont Lille et Arras.

De tout temps, Carvin a assuré au milieu du Carembault, une fonction de ville-carrefour où ont convergé les influences agricoles, industrielles et commerciales de tout le Carembault.